Faire de la photo est une entreprise paradoxale.
D’une part on cherche à capter ce qui est fugace, éphémère, contingent pour «s’en souvenir». Le monde nous interpelle constamment; ce qui frappe aujourd’hui sera dépassé demain et il faudra recommencer. Cette obsession est à la limite ridicule.
Mais d’autre part, cette tentative comporte une manière de lutter contre la mort, de surmonter la difficulté d’être, dans une pleine relation avec ce qui nous entoure. Voir, contempler, c’est une manière de vouloir l’éternité que nous savons pourtant impossible, une manière de rencontrer le «monde», de se confronter à lui ou de le méditer, le contempler.
Alors comme le Sisyphe de Camus, il n’y a qu’à continuer, inlassablement, heureusement et humblement.
Puissent mes images vous offrir du plaisir !
Jacques Breton
Superbes photos qui nous amènent à une dimension artistique comme si on admirait une toile. Le commentaire en préambule traduit bien ce désir de saisir l’instant. Je vais à l’instant m’enquérir de qui est ce Sisyphe de Camus.
Denis
Saint-Pierre-de-Broughton